Évolution de la ville au cours des siècles
Il existe très peu d’informations sur cette période. Les romains sont totalement implantés à Senlis et la ville porte le nom d’Augustomagus : le marché d’Auguste.
Il semble que les tenues romaines aient été rapidement adoptées. Ainsi, l’homme porte la tunique (tunica) en laine et parfois le pantalon (bracca). Sa tunique est ajustée par une ceinture de corde ou de cuir. Le péplos ou le pallium, toge de laine, est également porté. Les femmes gallo-romaines portent quant à elles une sous-tunique, réalisée en lin ou en laine.
Senlis est vraisemblablement créée ex nihilo sous le règne de l’Empereur Claude au milieu du Ier siècle après Jésus Christ, à l’emplacement d’un important carrefour routier. La topographie de la ville antique est mal connue, mais les tracés du cardo et du decumanus, bien conservés, les vestiges de bâtiments utilisés pour fonder l’enceinte, au cours du IIIe siècle, ainsi que les arènes du Ier siècle dessinent l’image d’une ville de moyenne importance. L’histoire de Senlis est mieux renseignée à l’époque gallo-romaine.Les fouilles archéologiques ont révélé des traces de bâtiments publics importants, d’habitations ainsi qu’un édifice de spectacle : les Arènes, amphithéâtre toujours conservé aujourd’hui. Le IIIe siècle voit la construction d’une enceinte gallo-romaine, composée de murailles imposantes de 840 m de long, de 8 m de haut et forte de 30 tours. Ces fortifications permettent de protéger la ville contre les incursions des barbares, qui se multiplient à cette période . Les maisons de l’époque gallo-romaine sont appelées domus. Elles ont peu de fenêtres, donnent directement sur la rue et appartiennent plus particulièrement aux familles aisées. Selon le niveau de vie de leurs occupants, la construction des domus fait appel à des matériaux variés, pierre, tuiles, briques, mais aussi selon le niveau des constructions, bois ou torchis. Les différentes pièces s’organisent autour de la cour, appelée atrium. La domus s’articule autour d’un patio composé d’une cour centrale et d’un bassin receuillant les eaux de pluie. La domus est composé d’une salle à manger (triclinium), d’un vestibule (vestibulum), d’un couloir (fauces), d’une chambre à coucher (cerbiclum) ainsi que de la pièce du maître (tabilium). Durant les soirs d’été, les habitants des plus belles domus peuvent dîner dans la galerie couverte, appelée péristyle.
Le XIIIe siècle voit l’expansion économique de la ville, initiée au siècle précédent et favorisée par la présence royale. En 1173, la ville acquiert un statut indépendant en signant une charte communale avec le roi Louis VII et les seigneurs locaux. Sous Philippe Auguste, une seconde enceinte est réalisée, entourant et protégeant les principaux quartiers de la ville. Deux fois plus peuplée que la moyenne nationale, la cité vit principalement du commerce de la laine, du cuir et de la fourrure. À cette époque, le bâti est très dense et la plupart des maisons se touchent. Les citoyens les plus riches habitent à l’intérieur de l’enceinte antique. Ils possèdent des maisons en pierre, au moins au rez-de-chaussée, hautes d’un ou deux étages.
Le reste des maisons est essentiellement en pans de bois. Les portes sont très simples, souvent en bois et rectangulaires. On observe une juxtaposition de maisons en bois et de maisons en pierre au sein de l’enceinte antique. 45% des toits sont en bois, 45% en chaume et 10% en tuiles. Les fermes situées à l’intérieur de l’enceinte sont composées d’une cour ouverte avec un logis disposé au fond.
Les habitants n’hésitent pas à réaliser des extensions de part et d’autre des rues, telles que des échoppes, des abris pour les outils ou des parcs à bétail. La symétrie et la régularité des rues de l’époque antique évolue avec des voies peu rectilignes.
Les vêtements à cette époque sont le reflet de la place de chacun dans la société. Le vêtement de base était une sorte de longue chemise resserrée à la taille. Les vêtements étaient tissés et filés sur place. Les personnes les plus aisées avaient des tenues plus élaborées et la mode changeait très vite. On remarque cependant des constantes : les cheveux des femmes étaient couverts et les jupes ne remontaient jamais au-dessus des chevilles. Les hommes pouvaient porter des bas et des vestes courtes.
A partir du XVIe siècle, les centres politiques et économiques du royaume s’écartent progressivement de Senlis. La ville bascule dans la quiétude, mais reste une destination de villégiature privilégiée des grands officiers de la couronne. Des épidémies de peste s’abattent sur la ville. Seules des mesures de quarantaine strictes et des interdictions de déplacement dans des villes infestées permettent de circonscrire le mal. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont de longues périodes de tranquillité et de paix, aucun événement remarquable ne se produit jusqu’à la Révolution.
En ce qui concerne la trame viaire, des modifications importantes sont à noter. La rue royale (actuelle rue de la République) est percée dans le cadre de la rectification de la route de Flandre en 1753 et traverse la ville à l’est. La porte de Saint-Rieul est quant à elle détruite. Ces différentes percées constituent le début du démantèlement des fortifications.
Les habitants les plus riches s’étant déplacés vers les faubourgs dès le XVe siècle, de grandes maisons en pierre sont édifiées à l’extérieur de la cité. Au XVIIIe, la ville se dote d’un certain nombre d’hôtels particuliers. On remarque aussi la présence de squares. Au XVIe, la mode est aux maisons en briques rouges et en pierres combinées pour les plus riches habitations. Elles sont par conséquent toujours présentes au XVIIIe, ainsi que les toits décorés. 40 % des toits sont en tuiles, 30 % en chaume et 30% en tuiles de bois. Les fenêtres sont essentiellement de forme rectangulaire, combinées à des fenêtres du XVe siècle toujours présentes.
En 1964, l’autoroute du Nord dessert Senlis, avant la création de l’aéroport Paris Charles de Gaulle en 1974. Ces deux infrastructures créent une conjoncture favorable au développement économique de la ville. Les faubourgs se développent sous la forme de grands ensembles de logements collectifs. Une zone d’activité est aménagée le long de l’autoroute et des établissements scolaires sont créés. La loi Malraux de 1962 sur la préservation du patrimoine permet la création d’un secteur sauvegardé de 42 hectares dans la ville ancienne. Les maisons particulières et les monuments remarquables sont restaurés et les musées sont réhabilités. Senlis est aujourd’hui au cœur d’un Pays d’art et d’histoire qui a su conserver et restaurer son authenticité historique. Elle attire de nombreux touristes, mais aussi des réalisateurs, qui y trouvent des décors idéaux pour leurs films.

